Achetez maintenant et payez plus tard: intéressant mais...
Peut-être êtes-vous attiré par ces pleines pages de publicité où l’on vous incite à acheter l’article désiré et à ne payer que plusieurs mois plus tard ou encore à échelonner vos paiements sur douze, vingt-quatre ou trente-six mois? Pourquoi devriez-vous attendre quand vous pouvez vous procurer le bien tout de suite?
Qui, en effet, n’est pas tenté par autant de facilité? C’est ce qu’ont compris de nombreux commerçants, surtout les marchands de meubles et d’appareils électroménagers et électroniques, qui ont développé depuis longtemps des stratégies de vente fort alléchantes pour s’attirer une clientèle des plus sollicitées par la concurrence.
Comment fonctionnent ces modalités de paiement?
Deux principaux plans d’achat sont offerts aux consommateurs. L’un consiste à acheter et à payer les sommes dues dans un an, dix-huit mois voire même deux ans plus tard. À l’échéance, un choix s’offre au consommateur: payer comptant et bénéficier pleinement de la promotion ou étaler les paiements sur plusieurs mois au taux d’intérêt fixé par le créancier. Ce taux est souvent plus élevé que celui des principales cartes de crédit et toujours plus élevé que celui fixé par les institutions financières pour les marges de crédit et les prêts personnels; il prend effet à partir du début de l’étalement des paiements.
Dans l’autre plan d’achat, nettement plus populaire depuis quelques années, les paiements sont répartis en versements mensuels égaux dont le nombre peut également varier de 12 à 36 mois selon les commerces. Ces modalités de paiement impliquent habituellement l’obtention d’une carte de crédit, comme dans le cadre des programmes Accord D et Crédiplan.
Ces promotions offertes maintenant à longueur d’année sont supposément toutes sans frais ni intérêts et portent sur la totalité (incluant les taxes de vente) ou une partie (excluant les taxes de vente) du montant total. Pour offrir cet avantage à l’acheteur, le commerçant fait lui-même affaire avec une institution financière émettrice d’une carte de crédit ou une société de financement qui joue le même rôle qu’une institution financière. Les frais de crédit et les intérêts sont souvent inclus dans le prix de vente et donc «invisibles» pour l’acheteur, sauf dans le cas du mode de paiement en versements mensuels égaux où le défaut d’effectuer un seul versement résulte en l’imposition de frais de crédit dès le mois suivant. Mais, dans tous les cas, un consommateur qui désire payer son achat comptant et négocie avec le commerçant se verra souvent offrir une réduction pouvant varier de 10 à 15%.
Des promotions vraiment avantageuses?
Bien que le paiement comptant constitue bien souvent la meilleure option, les systèmes de paiement différé ou par versements mensuels peuvent être avantageux pour le consommateur averti qui a le contrôle de son budget ou pour celui qui n’a aucun tracas financier. Mais qu’en est-il de celui qui ne planifie pas toujours comme il le devrait et qui a de grosses surprises au moment de payer ? Ou encore de cet autre qui, ayant cumulé plusieurs paiements par versements, reçoit un coup dur (perte d’emploi, réparation majeure à la maison, divorce, etc.) et qui n’a plus les moyens de faire face à ses obligations mensuelles ? Certains consommateurs risquent d’y perdre leur chemise! Sachez toutefois qu’en cas de difficulté, il est plus avantageux d’obtenir un prêt personnel auprès de son institution financière ou d’utiliser sa marge de crédit pour rembourser. Dans les deux cas, les taux d’intérêt sont nettement plus bas que ceux des sociétés de financement ou des cartes de crédit.
Des précautions à prendre
Les personnes intéressées aux plans d’achat à paiement différé devraient prendre certaines précautions afin d’éviter les mauvaises surprises, c’est-à-dire: faire un budget afin de s’assurer qu’elles seront capables de faire leur versement mensuel ou de rembourser au moment venu. Enfin, il serait opportun de bien vérifier si le prix de la marchandise convoitée se compare avantageusement avec ce qui est offert ailleurs et de lire attentivement tous les documents avant de signer pour savoir à qui le commerçant cédera le crédit (institution financière ou société de financement).
Pour plus de renseignements sur les précautions à prendre avant de recourir à ces modes d’achat, communiquez avec l’Office de la protection du consommateur au numéro sans frais 1 888 OPC-ALLO (1 888 672-2556) ou visitez le site Internet à l’adresse:
www.opc.gouv.qc.ca.
Le Profil du commerçant: rapide et gratuit
Rappelons que si vous désirez vérifier si un commerçant a déjà fait l’objet de plaintes de consommateurs et de quel type de plaintes il s’agit, ou s’il détient le permis requis par l’Office dans certains secteurs d’activité, vous pouvez consulter en tout temps le Profil du commerçant sur le site Internet ou composez le numéro de téléphone indiqué plus haut. C’est rapide et tout à fait gratuit!
- Service des communications et de l’éducation
Office de la protection du consommateur
Source : Pensez-y bien !, vol.8, numéro 4, septembre 2004 copy; La Capitale groupe financier inc. À moins d'autorisation expresse, il est strictement interdit de reproduire les articles publiés dans Pensez-y bien!
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