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CAP assistance juridique : six mois après

Depuis 1920, l’espérance de vie a augmenté en moyenne de 7 ans pour les hommes et de 13 ans pour les femmes. Mais, cet allongement de la vie n’est pas sans poser de problèmes. On vit plus longtemps, on vit vieux et on est moins sujet à être malade ou invalide. Il n’en demeure pas moins que, selon Statistiques Canada, « en 1991, les hommes de 65 ans et plus, risquaient d’avoir de graves problèmes de santé seulement au cours de leurs deux dernières années, et les femmes seulement au cours des quatre dernières années de leur vie. » C’est justement là que se trouve une réalité difficile à admettre : celle des dernières années de la vie que plusieurs vivront dans des conditions extrêmement pénibles puisqu’ils devront recevoir ce qu’il est convenu d’appeler « les soins de longue durée ».

Les soins de longue durée

Une personne qui est aux soins de longue durée est une personne qui reçoit des soins médicaux mais, qui, de surcroît, a une inaptitude à accomplir des activités journalières sans aide comme prendre son bain, se vêtir, se mouvoir, faire sa toilette ou se nourrir. Plus encore, pour ces personnes, les activités quotidiennes accessoires à la vie deviennent plus complexes et elles sont donc dépendantes des autres. Les activités quotidiennes accessoires à la vie signifient : prendre ses médicaments, téléphoner, gérer ses finances, tout autant que faire des travaux ménagers, faire sa lessive ou se déplacer.

À ces difficultés peut s’ajouter une déficience cognitive, c’est-à-dire une déficience cérébrale, intellectuelle irréversible qui affecte la pensée, la perception, la réflexion, la mémoire. D’autres symptômes peuvent aussi apparaître comme la démence, la sénilité démentielle. Une telle description fait, bien sûr, penser aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. C’est effectivement un exemple, mais ce ne pas le seul.

Une aide et une présence active

Les personnes victimes de ces troubles ont perdu leur autonomie et ont besoin d’aide. Le problème, c’est qu’à l’heure actuelle le droit à une aide du régime public et la nature de celle-ci demeurent assez floues et variés, selon les cas. Soyons réalistes : concrètement, on considère qu’une dégénérescence progressive ou avancée du physique et du mental d’un individu n’est pas une maladie en soi. Les causes peuvent être médicales et, dès lors, les soins médicaux requis sont couverts par la " RAMQ". Mais, l’incapacité à vivre décemment ne l’est pratiquement pas.

Où aller ?

Dans un tel cas, il y a deux solutions : la personne peut aller dans un centre de soins de longue durée et elle reçoit, selon les circonstances, peu ou pas d’aide financière. Malheureusement, le nombre d’institutions pour soins de longue durée qu’elles soient publiques ou privées, est insuffisant pour répondre à la demande et, plus encore, les coûts pour y demeurer sont loin d’être à la portée de tout le monde.

L’autre alternative, c’est de demeurer chez soi, d’avoir des soins à domicile et d’être pris en charge par des membres de la famille, comme c’est souvent le cas. Il est indéniable que les allocations du régime public à cet égard sont insuffisantes et qu’elles sont, objectivement, à la frontière du minimum vital. Les bénéfices que les régimes publics peuvent accorder ont des limites et ce sont des choix de société qu’il faut faire. Quand on connaît les problèmes auxquels fait face le régime de santé actuel, on peut se demander quand cette question sera abordée et si elle le sera un jour ? Il y a un vacuum sur ce sujet et il est important que des solutions soient apportées.

La situation est d’autant plus grave que le nombre de personnes âgées va en augmentant et les problèmes se multiplieront à un rythme inquiétant, si on n’y prend garde !

La dignité de la personne

Hubert de Ravinel, qui est le fondateur des " Petits frères des pauvres du Québec " est l’auteur de la phrase que nous avons pris pour titre; il a également déclaré, il y a plus de trente ans : " Autrefois on guérissait mal et on soignait bien. Aujourd’hui on guérit beaucoup, mais on soigne mal. " C’est là toute la problématique des gens soumis aux soins de longue durée. Vivre le temps qui leur reste dans la dignité et avec une qualité de vie qui soit, en dépit des circonstances, le moins pénible possible et pour le moins décente. Être dans cette condition ne veut pas dire que l’on est inconscient de ce qui se passe et que l’on n’a plus aucun droit !

L’entourage de la personne

Il ne faut pas oublier non plus que cette épreuve terrible n’est pas uniquement ressentie par celui ou celle qui la subit directement, mais aussi par son entourage qui doit en prendre soin et vivre avec cette personne. Nous l’avons dit, ce n’est pas la majorité des gens âgés qui peuvent

aller dans des institutions spécialisées, donc elles restent chez elle avec un minimum insuffisant de soins extérieurs. En fait, 75 % des soins sont procurés par les amis et la famille. Le dévouement est une valeur magnifique, mais elle a aussi des limites. Beaucoup sont affectés pour le reste de leur vie par cette épreuve et tous ne sont pas armés pour y faire face sans dommage. Ce sont des problèmes humains en plus d’être, dans bien des cas, financiers.

Trouver des solutions rapidement

La préoccupation envers les soins de longue durée n’est pas uniquement québécoise. Elle est universelle et se retrouve dans de nombreux pays. La solution ne peut provenir uniquement que des régimes publics et il faut donc trouver d’autres voies. En Europe, des sociétés financières dont des compagnies d’assurance se sont penchées sur la question et commencent à trouver des alternatives qui permettront de mieux faire face à cette situation. Au Québec, on en est encore qu’au début, mais on devrait arriver avec des alternatives similaires d’ici peu de temps, permettant ainsi de palier à une situation dont beaucoup ne réalisent pas suffisamment la gravité.

André Debray

Pour en savoir plus : Nous vous suggérons un excellent article écrit par M. Yan Muckle sur la maladie d’Alzheimer, publié dans le numéro du 1er décembre 1999 de L’actualité sous le titre : " Demain la catastrophe ".

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